Le jour J de l’oral face au jury approche à grands pas. Les connaissances à acquérir vous semblent colossales : vous avez le sentiment de ne pas avoir assez de temps pour tout intégrer. Voici 5 piliers de révisions qui vous permettront de structurer votre apprentissage.
1 – Adoptez une présentation stratégique
Le jury se base sur votre dossier mais surtout sur vos 5 ou 10 minutes de présentation pour préparer ses questions. Cette phase de présentation est donc capitale pour orienter le jury dans la phase d’entretien. Il est important de lui préciser quels sont les points qui vous tiennent particulièrement à cœur. Montrez au jury que vous avez fait un choix :
« Je ne vais pas reprendre l’ensemble de mon dossier RAEP. »
« J’ai fait le choix de me centrer sur 2 ou 3 pôles de compétences qui me semblent en phase avec les attentes du concours. »
« Je souhaite évoquer deux expériences significatives marquantes qui me paraissent en cohérence avec le projet professionnel que j’évoquerai en conclusion. »
De cette façon, vous fixez un cap, un fil conducteur et vous bordez les futures questions qui viendront après votre exposé.
2 - Contextualisez vos compétences
Pour marquer votre différence, montrez que vos compétences ne sont pas une simple liste. Au contraire, ancrez-les dans une réalité concrète à l’aide d’exemples précis.
Plutôt que de dire :
« je suis autonome, polyvalent, adaptable, avec un sens des responsabilités,… »
mieux vaut choisir une compétences et la fixer dans un contexte donné :
« Mon autonomie s’est trouvée renforcée lorsque j’ai intégré le poste X. En effet, dès mon arrivé mon chef de service m’a confié une mission que j’ai eu à cœur de mener à terme… »
3 – Valorisez votre équipe
Peu de candidats osent le faire. Pourtant, lorsque l’on a du mal à se mettre en valeur, rien de tel que de valoriser les autres. Valoriser les autres, c’est se valoriser soi.
« Dans le cadre de mes fonctions au sein du service X, j’ai eu l’opportunité d’être formé par un collègue sur une application Y ce qui m’a donné l’occasion d’acquérir rapidement des compétences techniques Z. Je dois dire que j’ai particulièrement apprécié son sens de la pédagogie que je pense réinvestir si l’opportunité de former des agents m’est à l’avenir donnée. »
3 – Formulez ce que vous voulez
Beaucoup de candidats restent dans la rétrospection en pensant que la reconnaissance ne s’effectue que sur ce qu’ils ont accompli. Si cela est vrai en fin de carrière, les attentes sont différentes pour un candidat qui souhaite évoluer. Il est donc fondamental de savoir vers quel domaine vous souhaitez vous orienter.
Cela peut être un poste :
« je souhaite aujourd’hui me positionner sur le poste X qui mobilise telles et telles compétences. »
Cela peut être des compétences :
« j’ai acquis de fortes compétences techniques dans le domaine Y. Je souhaite les réinvestir et les approfondir dans les prochains mois afin d’étoffer mon panel d’atouts. »
Cela peut être un service, un domaine, un ministère :
« mes valeurs régaliennes ont pu s’épanouir au sein du ministère des armées. Je souhaite les consolider en intégrant un poste à la justice afin d’élargir mes connaissances professionnelles. »
De cette façon, vous évitez les fins « bateau » du type : « je souhaite plus de responsabilités ».
IMPORTANT : ce n’est pas au jury de savoir pourquoi vous passez le concours, c’est à vous de le préciser en formulant clairement un objectif professionnel.
4 – Humanisez votre discours
Nous imaginons que nous devons être parfaits. Personne ne l’est… Moi non plus, vous non plus… et vous savez quoi ? Cela se sait ! Tout le monde sait que vous n’êtes pas parfait. Et vous savez aussi que les autres ne le sont pas. Et cela n’empêche pas de réaliser un travail de qualité. Une qualité de service public !
Donc, puisque nous ne sommes pas parfait et que nous l’acceptons, il suffit aussi de montrer que nous avons su rebondir face à des difficultés, des obstacles qui ont pu jalonner notre parcours :
« A ma nomination sur le poste X, j’étais fier de me voir confier une conduite de projet d’envergure. Simplement, il me manquait des outils notamment pour faire face à certaines réticences des agents au changement. J’ai donc acquis des techniques grâce au soutien de personnes ressources de mon équipe et j’ai complété ces enseignements par une formation ciblée qui m’a donné l’occasion d’appréhender avec plus de facilité les comportements réticents. Je suis heureux de compter cette compétence supplémentaire à mon panel de capacités. »
… N’oubliez pas non plus de motiver votre discours, c'est-à-dire d’évoquer ce qui vous passionne dans votre métier :
« Je dois dire que le travail en binôme a été très enrichissant. Même s’il demande au départ d’accepter les méthodes de mon collaborateur, j’ai pu me rendre compte que celles-ci ont permis de rendre notre dynamique de travail beaucoup plus efficiente. »
Le trac nous fait oublier que nous ne sommes pas fiches de poste, mais des humains avec nos manques et nos envies.
5 – Un outil puissant pour faire baisser le trac
Trac, peut, stress, pression : dans le cadre de mes coachings, j’ai entendu tous les qualificatifs possibles pour désigner ce petit monstre que nous avons au creux du ventre et qui a tendance à brouiller nos idées, nos neurones et à nous faire perdre pieds. Pourtant une technique très imple permet de maîtriser notre peur : LA DIRE.
« Je me présente devant avec une certaine appréhension. Un défi majeur pour moi va être de dépasser cette crainte de la prise de parole et montrer que je suis en mesure d’évoquer avec maîtrise et calme mes compétences. »
Avoir peur, le dire et se fixer comme objectif de dépasser cette crainte. Quel que soit votre entretien, au final, le jury se dira au moins une chose : ce n’était peut-être pas parfait, mais ce candidat a réussi à remplir l’objectif qu’il s’était fixé et à nous prouver qu’il est capable d’aller au-delà de ses freins intérieurs.
Vous souhaitez réaliser des mises en situation pour vous préparer à l’oral ?
Je vous souhaite une très belle préparation.
Nicolas MOURER